Le temps où les coopératives avançaient à l’aveugle semble progressivement révolu. Aujourd’hui, pour beaucoup de groupements paysans, la solidarité ne suffit plus : il faut savoir gérer, décider, compter, mobiliser des ressources et se faire entendre. C’est tout le sens du travail mené avec l’Université populaire Haguruka (UPH), qui accompagne les leaders paysans dans le renforcement de leurs compétences pour faire de leurs organisations des structures plus solides et plus autonomes.
Dans ce dossier, nous avons rencontré 4 personnalités dont les parcours racontent, chacun à leur manière, ce que ces apprentissages peuvent changer dans une organisation et dans une communauté.
Kana Gabriel, Désiré et Charles racontent comment ils ont progressivement laissé derrière eux une organisation qui peinait à fonctionner pour mettre en place une gouvernance plus structurée et porter des initiatives qui génèrent aujourd’hui des revenus et des services pour leurs membres et leurs communautés.
Dancilla Kigeme, Stéphanie Siboniyo et Marie-Jeanine Nziruhire racontent une autre transformation : celle de femmes qui, hier encore, hésitaient à prendre la parole ou à s’impliquer dans les décisions et qui assument aujourd’hui des responsabilités au sein de leurs coopératives, de leurs organisations paysannes et de leurs communautés.
Leurs parcours ne racontent pas tous la même histoire. Mais ils se rejoignent sur un point : les compétences acquises ne restent pas dans les salles de formation. Elles se traduisent en décisions, en initiatives, en plaidoyer et en nouvelles responsabilités.
À travers ces six témoignages, ce dossier explore ce qui se passe lorsque les paysans disposent davantage d’outils pour comprendre leur organisation, défendre leurs intérêts et prendre en main leur développement.
Car se former, pour ces leaders, ce n’est pas seulement apprendre. C’est aussi apprendre à agir.
